Journal de bord d’une agence en transition(s) : jour 1
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- 05.06.23
Il était une fois, une agence conseil et digitale.
Dans la belle ville de Nantes, cette agence au doux nom d’Intuiti était composée d’un petit groupe d’éternels optimistes ayant envie de changer les choses.
À coups de fresques, de documentaires, de conférences et de lectures diverses et variées, chacun·e de ces drôles d’individus se renseignait, dans son coin, sur l’ampleur de la crise climatique et tentait, à sa manière, de mettre en place des actions pour agir, à son échelle, dans son quotidien.
Et dans leur quotidien, il y avait leur vie professionnelle. Leur vie à l’agence, aux côtés de leurs collègues. Bien sûr, notre responsable RH de l’époque, depuis partie voguer vers d’autres aventures, Florelle, faisant elle-même partie de ces personnalités voyant le verre à moitié plein et préférant l’action aux grands discours, certains gestes étaient déjà mis en place dans l’entreprise. Le tri sélectif était un automatisme, on réparait avant de jeter et pour les achats, on privilégiait le bio et le local autant que possible. “Du bon sens” nous disait Flo.
Si on est honnête, les choses auraient pu continuer ainsi pendant encore plusieurs années. Mais, c’était sans compter sur l’élément qui allait tout accélérer, un élément invisible à l’œil nu : un virus au vilain nom de SARS-CoV-2.
La confi-claque
Nous voilà tou·tes confiné·es. Entre une tentative de faire son pain, une énième impression d’attestation de sortie et un apéro zoom, c’est la prise de conscience. Douloureuse. Brutale. Nécessaire.
“Notre maison brûle et nous regardons ailleurs” disait Chirac. Enfermé·es chez soi, à tourner en rond, sans comprendre réellement ce qui nous arrive, on a du mal à regarder ailleurs. Partout, on nous parle du monde d’après, celui qu’il faudra construire, plus respectueux de tou·tes et de l’environnement. Il nous tente bien ce monde d’après. Ça a l’air d’être un bel endroit. Une question, la principale, demeure : comment on le construit ? C’est Florelle et sa politique du bon sens qui nous apportent une partie de la réponse : ce monde d’après, on va le construire ensemble. En construisant une agence qui peut vivre dans ce monde de demain. Et pour ça, il va falloir se remonter les manches.
Novembre 2020 : la création du comité Griiin
Soutenue par la direction, notre RH lance un grand appel à candidature. L’enjeu, la création d’un comité de volontaires ayant envie de faire changer les choses dans l’entreprise et son écosystème. D’incarner et de développer sa politique RSE.
Nom de code : le comité Griiin.
Très vite, Cécile, Jehan, Hugo et Juliette répondent à l’appel de Florelle. Plus tard, ils seront rejoints par Anaëlle, Nabil, Lucie et Aurélie. Pour l’instant, notre noyau dur pose les bases qu’ils veulent solides. Créer un comité pour créer un comité, ça n’a pas d’intérêt. Alors, il faut une feuille de route. C’est sur Trello qu’elle est créée : ce qui doit être fait, ce qui est en cours de réalisation, ce qui est fait. Le tout avec des personnes en charge et des deadlines. Pour réellement avancer.
On convient également des instances et des rôles de tout le monde, d’une identité graphique ainsi que d’un rendez-vous mensuel. Pour se tenir au courant, imaginer de nouvelles choses, mettre en place de nouvelles actions.
En un an d’existence, notre comité Griiin remporte de belles victoires : les produits ménagers sont remplacés par des alternatives plus respectueuses de l’environnement, les cadeaux de Noël aux enfants des collaborateur·ices sont achetés localement, la cuisine est réorganisée, avec de nouveaux tupp’ en verre à disposition, …
Surtout, cette première année est celle de la sensibilisation en interne. Mettre en place des actions n’est que la partie émergée de l’iceberg. Pour que le comité Griiin fonctionne, qu’il soit utile et, on le souhaite, devienne un jour obsolète, il faut embarquer l’agence dans son intégralité. Expliquer les choses. Motiver à agir. Faire comprendre. On s’y attaque. Au quotidien, sur slack, en partageant des ressources, des articles, des livres, des liens et des vidéos. Sur google, en créant un calendrier “Griiin” regroupant le plus d’événements IRL et digitaux sur le sujet. Plus en longueur et en profondeur lors des share & boss, nos rendez-vous trimestriels avec toute l’agence. L’occasion de questionner, ensemble, nos pratiques et leurs impacts sur notre monde. D’entrer dans le détail de la pollution digitale, d’inciter à agir avec des petits gestes simples comme effacer ses mails. Mais aussi l’occasion de brainstormer ensemble. De voir plus grand. De frapper plus fort.
L’effet colibri
Quand le comité Griiin a été créé, l’idée était de rassembler les gens autour de valeurs communes très fédératrices. Mais, à force de l’avoir sous les yeux, sous le nez, on a eu envie de passer à la vitesse supérieure.
Juliette Mage, cheffe de projet digital, présidente du comité Griiin
Ce qui devait arriver arriva. À force de se retrouver chaque mois, de discuter ensemble, d’imaginer les millions de choses que l’on pourrait encore faire et, face à l’enthousiasme de toute l’agence, on se sent pousser des ailes. Dans le meilleur des sens.
Plus qu’une transformation de nos modes de vie à l’agence, c’est toute l’agence et nos manières de travailler que nous devons réimaginer. Réfléchir n’est pas suffisant, on doit agir. Et cela, on ne peut ni le faire seul·es, ni le faire à la va-vite.
Il nous faut un point de départ.
Il nous faut aussi un budget et du temps.
Surtout, il nous faut de l’aide.
Le point de départ nous semble évident. Pour savoir où l’on souhaite aller et comment y aller, il nous faut une photographie ultra précise de là où nous nous tenons actuellement. Comprendre quelles sont nos faiblesses, nos activités les plus néfastes pour l’environnement, pour pouvoir, dans un second temps, s’y attaquer en profondeur.
Cela tombe bien, ce genre de photographie existe. Il s’agit d’un bilan carbone. En 2021, on se met donc en ordre de marche pour pouvoir le réaliser. Concrètement, cela signifie débloquer des fonds et du temps pour se renseigner sur les différentes subventions possibles et existantes, en choisir une (pour le coup Diag’ Décarbone’Action de BPI France), réunir les éléments pour monter le dossier puis croiser les doigts pour qu’il soit accepté. 2021 se termine sur une note de positivité : BPI donne son feu vert.
Il n’y a plus qu’à.
Et demain ?
On commence donc 2022 avec le go de la BPI pour réaliser notre bilan carbone. Pour cela, l’organisme nous oriente vers ANOVA pour nous accompagner. Et, croyez-nous, de l’accompagnement, on en aura bien besoin ! Entretiens, calculs, recalculs, questionnaires… c’est un travail de fourmi. C’est un travail de titan.
Au bout de plusieurs mois, on en voit enfin la fin. Nous avons escaladé une falaise. Maintenant, il nous en reste plus d’une dizaine, mille fois plus impressionnantes. Pour s’y retrouver dans cette expédition, les différents métiers de l’agence, le comité Griiin et ANOVA se préparent comme des expéditeur·ses partant dans une folle aventure. Ensemble, on se met d’accord sur une carte, ultra précise. Les points d’étape, les KPIs, la temporalité. Notre roadmap pour 2023.
Celle que nous allons vous raconter ici, jour après jour, mois après mois. Avec les hauts, les bas, les réussites et les échecs. Sans fard et en toute transparence. Pour montrer que c’est possible, encourager et, on l’espère, vous éviter les plantages qui vont sûrement nous arriver.
Alors monde, nous voilà.
C’est parti.